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Micro tendu à Charlotte et Lili

Troisième rencontre pour les adolescentes. La composition du groupe, dont les contours restaient encore flous jusque-là, se précise. Si une trentaine de filles a manifesté son intérêt pour le projet, 15 semblent aujourd’hui s’engager officiellement. Il faut dire que participer à un processus de création tel que celui-ci est un défi de taille à cet âge!

Dominique Bouchard, coordonnatrice du projet, est allée à la rencontre de Charlotte et Lili.

Le travail en ateliers

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Comment s’est déroulé l’atelier aujourd’hui ?
Charlotte : Aujourd’hui, on a fait l’échauffement habituel et de nouveaux exercices vraiment intéressants. On a exploré l’espace avec des mouvements lents, rapides, de différentes textures.
Lili complète : de différents niveaux 

Et ensuite?
Charlotte : On a créé les duos. On s’est rappelé tout ce qu’on a fait depuis le début des rencontres, on avait pris des notes sur une feuille pour pouvoir s’en souvenir.
Lili : On a pensé à comment on allait entrer sur scène, à ce qu’on voulait faire sur scène. 

Comment vous sentez-vous après l’atelier?
Charlotte : On se sent calmes, moins « stressées de la vie ».
Lili : Je me sens mieux. Le fait de s’enraciner, c’est comme si tout le poids partait. Le poids dit « bye-bye ». Il n’est plus là.

Faire la paire

Comme pour le groupe des femmes, les participantes n’ont pas choisi leur partenaire de duo. D’un point de vue extérieur, la sélection faite par Louise est  pleine de sens. Ce pairage va de soit pour des raisons abstraites. Composer un duo semble une question d’alchimie (corps, énergie, personnalité, maturité)

Les filles, qui sont vos partenaires de duo?
Lili : Moi, je suis avec Mélody  

Est-ce que tu la connaissais?
Lili : Non
Charlotte : Je suis avec… Je ne me rappelle plus de son nom – dans le vestiaire Carla lui rappelle son nom – et Angie. 

Comment vous êtes-vous senties quand vous avez appris que vous ne choisiriez pas votre partenaire?
Charlotte : Moi, honnêtement, j’étais quand même frustrée. J’ai embarqué dans le projet avec mon amie Éléonore et j’avais vraiment envie de faire un duo avec elle. On a déjà une bonne chimie, ça aurait été moins compliqué.Lili : Moi, c’est pareil. J’étais déçue et un peu frustrée. Et après, je me suis mise avec Mélody et puis je me sentais bien avec elle. Ce n’est pas que ça ne me tentait pas de travailler avec d’autres personnes, c’est que je ne connaissais qu’une personne. Je me sens plus à l’aise de travailler avec une personne que je connais. 

S’engager, pourquoi?

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Comment avez-vous entendu parler du projet?
Charlotte : Moi, c’est par Éléonore
Lili: Moi, c’est par ma mère qui est dans le groupe des femmes. On cherchait une activité à faire ensemble. On ne sort pas beaucoup et on ne fait pas beaucoup de choses ensemble et puis ça s’est présenté comme ça. J’ai embarqué dans le projet même si je n’aime pas la danse.

Est-ce un défi que vous vous êtes lancé?
Lili : Ma mère aime la danse. Ce n’est pas vraiment un défi, c’est plus un jeu. On fait ça ensemble pour le plaisir. 

Pourquoi t’embarquer dans ce projet sachant que tu n’aimes pas la danse ?
Lili : C’est important de faire des trucs qu’on n’aime pas, parce que dans la vie on ne fera pas toujours ce qu’on aime. 

Est-ce que vous parlez du projet à la maison ?
Lili : Ma mère me demande toujours ce que je fais et je dois tout lui décrire. Elle me dit ce qu’elle a fait aussi. Au début, ma mère était inquiète, parce qu’il y avait des femmes qui avaient déjà dansé. Comme elle, elle n’avait jamais dansé, elle était un peu intimidée.

As-tu hâte de voir le duo qu’elle aura créé?
Lili: Oui, vraiment. 

Et toi, Charlotte, pourquoi t’es-tu lancée dans le projet ?
Au début, Éléonore m’a dit de venir, qu’il y avait un projet de danse, qu’on allait faire de l’exploration, et comme j’aime danser, je suis venue. 

De la musique

Vous avez appris aujourd’hui que vous ne choisiriez pas la musique de votre duo. Comment vous êtes-vous sentie et que pensez-vous de cette décision?
Lili et Charlotte : Déçues
Charlotte : Mais, ça ne me dérangeait pas vraiment. Justement en danse contemporaine, ce n’est pas nécessaire que la musique « fit »
Lili : Moi non plus ça ne me dérange pas, je suis venue pour quelque chose de nouveau, pas pour écouter les musiques que j’écoute déjà à la maison.

Si je vous parle de la musicalité du corps, est-ce que ça vous dit quelque chose?
Charlotte : Moi, quand je danse je n’entends pas vraiment la musique finalement. Je me concentre sur les mouvements.
Lili : Je suis tellement habituée à entendre de la musique et à faire autre chose en même temps que j’oublie la musique. C’est pour avoir un bruit de fond. Je n’aime pas qu’il n’y ait pas de bruit.

Propos recueillis par Dominique Bouchard

© crédit photos : Circuit-Est centre chorégraphique | Sigrid Hueber

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