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Quelques photos de la présentation publique

 

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© Stéphane Synnett | Xavier Curnillon

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Jour 8 – Premier filage avant le show

Lundi de Pâques. Notre dernière rencontre a lieu dans le Studio Jeanne-Renaud, dans cette magnifique église anglicane transformée pour héberger les neuf compagnies membres de Circuit-Est centre chorégraphique, parmi lesquelles Louise Bédard Danse. Les rideaux sont tirés, les projecteurs, allumés. Encore vides mais déjà plongés dans le noir, les gradins accueilleront samedi une centaine de personnes. La médiatrice culturelle Caroline Lavoie y est assise avec son ordinateur. Elle est venue prendre la température pour préparer la rencontre qu’elle animera après la présentation des duos et du trio des 12 adolescentes et 19 femmes adultes. Louise et Danielle s’affairent à border la scène, côté cour et jardin, des chaises que nous occuperons entre nos entrées et sorties. Pas de coulisses. Nous resterons à vue. Sur une grande feuille collée au sol, Louise a dessiné les cases d’une sorte de storyboard décrivant le déroulement du spectacle.

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Un collier de perles plutôt qu’un puzzle

Il reste beaucoup de choses à mettre en place, nous sommes nombreuses et nous manquons de temps. En plus du deuil de mieux peaufiner les mini-créations avec chacune des participantes, Louise a dû faire celui de marier des duos. « Comme il y a peu de moments d’immobilité dans vos propositions, ça ferait trop d’actions simultanées et elle veut vous offrir à toutes la chance de bien montrer votre travail », nous explique Danielle. Les ados briseront donc la glace et nous enchaînerons. Pour éviter que tout se passe au centre, dont le pouvoir d’attraction semble irrésistible, Louise a travaillé avec Mélanie, l’éclairagiste, pour délimiter sur la scène des zones spécifiques à chacun des tandems.

Après un rapide échauffement avec déplacements pour apprivoiser ce nouveau lieu, nous découvrons les aspects plus techniques de la création. Pendant que nous passons en revue les entrées et sorties de chacune pour que les transitions soient les plus fluides et rapides possible, il faut patienter en silence pour ne pas troubler la concentration de celles qui travaillent. Difficile contrainte quand on est excitée! Nous n’aurons pas besoin des petites marques au sol qui servent de repères aux danseurs professionnels quand éclairages et composition chorégraphique s’unissent pour sculpter l’espace en 3D. Mais nous voilà investies de la responsabilité de veiller au bon déroulement des choses en mémorisant les consignes qui nous sont données pour nos partitions et les quelques tableaux de groupe. C’est un peu stressant.

 

On enchaîne!

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Certaines ont fait un effort de sophistication dans le choix de leur costume. D’autres se présentent simplement en tenue d’atelier. Installée avec son ordinateur en avant-scène, la compositrice Diane Labrosse teste les canevas d’improvisation qu’elle a préparés en se basant sur des qualités que Louise a attribuées à nos productions. Guylaine et Lise D. sont les premières en piste. Valérie et moi sommes programmées en second. J’essaye d’imaginer du monde dans le trou noir derrière les projecteurs pour ne pas être tétanisée le jour du spectacle et donner le meilleur de moi-même dans ce que j’ai à offrir. J’essaye d’être présente à la musique et à ma partenaire. Je la sens dans sa bulle et je suis suspendue dans la mienne. J’ai perdu toute notion du temps. Je choisis de ne pas précipiter les choses comme on le fait souvent en présence d’un public.

« Vous avez toutes dépassé la durée de vos duos en studio », nous dira plus tard Louise. Comme si nous avions toutes décidé d’investir pleinement cet espace d’expression qui nous est donné. Comme si nous avions voulu donner plus d’ampleur à notre voix. Peut-être aussi que les sons ont agi sur notre perception de la temporalité en ouvrant un nouvel espace de dialogue. Car nous avons créé dans le silence et, tout en donnant de la texture à nos gestes, la musique donne de la résonnance au temps. J’ai trouvé jouissif de savourer ce présent qui s’éternisait. S’étirera-t-il autant samedi ou se contractera-t-il sous le poids du trac? La question reste ouverte. Pour moi, autant que pour mes compagnes de jeu.

Fabienne Cabado

 

© Circuit-Est centre chorégraphique | Valérie Laurin